Genève 2011: première européenne : le prototype électrique toyota au service de la mobilité urbaine
- Près de quarante ans d'expérience dans la conception des véhicules électriques
- La mobilité durable sur les petits trajets, selon Toyota
- Premiers essais européens en 2011
Le cœur du développement des VE réside dans la batterie et les systèmes d'exploitation du moteur électrique, créés et peaufinés par Toyota au fil de son programme de véhicules hybrides. C'est d'ailleurs la technologie Hybrid Synergy Drive® qui sert de plateforme aux groupes motopropulseurs des VE, en raison de sa facilité d'adaptation.
à ce jour, Toyota a mis au point plusieurs types de VE, dont l'e-com — un concept biplace — et un SUV : le RAV4 EV.
L'e-com est un concept-car dévoilé initialement au Salon de l'Automobile de Tokyo en 1997. Compact, c'est un véhicule biplace qui partage une grande partie de sa technologie VE et de ses organes moteur avec le RAV4 EV, de taille plus imposante.
L'e-com ne produit aucune émission et, une fois chargé, peut rouler à une vitesse maximale de 100 km/h environ sur une centaine de kilomètres. Comme il se recharge sur une prise de courant domestique normale de 100 V (tension secteur au Japon), il est parfait pour un usage citadin.
En 2000, Toyota possédait une flotte d'une trentaine d'e-com en circulation au Japon. Plus récemment, le transporteur TNT (Thomas Nationwide Transport) a testé un e-com pour la distribution du courrier à Bruxelles.
En 1995, Toyota étudiait déjà de très près la possibilité de commercialiser un véhicule électrique viable. Son RAV4 EV de première génération est ainsi venu couronner tout le savoir engrangé par l'entreprise. Le premier prototype a d'ailleurs remporté le rallye de Scandinavie des voitures électriques en août, cette année-là.
Le RAV4 EV relevait certains des défis les plus courants posés par les VE. Pour allonger par exemple l'autonomie, Toyota avait conçu une motorisation légère et compacte destinée à doper le rendement de la batterie tout en minimisant les pertes de puissance. De plus, un système lui permettait de récupérer l'énergie cinétique à la décélération et au freinage et de la convertir en électricité afin de recharger la batterie.
Grâce à ces progrès techniques, le RAV4 EV pouvait se targuer d'une des meilleures autonomies au monde chez les véhicules électriques : plus de 200 km sur une seule charge. Depuis son lancement en 1997, il s'est vendu à 1500 exemplaires aux états-Unis — dont la moitié roule toujours.
Partenariat avec Tesla pour le RAV4 EV de 2ème génération : commercialisation aux états-Unis prévue en 2012
En mai 2010, Toyota Motor Corporation et Tesla Motors Inc. ont annoncé leur projet de collaboration au développement de pièces et véhicules électriques. En juillet, les deux entreprises ont débuté la mise au point d'un VE associant un Toyota RAV4 et un moteur électrique Tesla.L'objectif étant de commercialiser ce nouveau véhicule électrique aux états-Unis en 2012, une flotte de 35 véhicules sera construite en vue d'un programme de démonstration et d'évaluation prévu en 2011. La voiture ciblera une autonomie de 100 miles (160 km) en conditions réelles, quelles que soient les conditions climatiques.
Le Centre Technique de TEMA (Toyota Motor Engineering and Manufacturing North America), implanté dans le Michigan, dirige le programme de production du RAV4 EV de seconde génération, conçu pour raccourcir le temps de développement sans transiger sur la qualité finale.
Tesla se charge de fabriquer la batterie et d'autres composants connexes, tout en respectant le cahier des charges spécifique de Toyota en termes de performances, de qualité et de longévité. Toyota est pour sa part responsable de tous les autres aspects du développement et de la fabrication, y compris l'intégration du moteur au nouveau VE.
Les véhicules électriques, espoir d'une circulation urbaine sans émissions
La demande de véhicules dédiés aux petits trajets devrait augmenter dans les années à venir, mais il reste encore des défis de taille à relever dans de multiples domaines : autonomie et performances, technologie des batteries, prix de vente, mode de production d'électricité (eu égard aux émissions de CO2 du puits à la roue), présence et développement d'une infrastructure de recharge...En tant que mode de transport de base, les véhicules électriques ne possèdent pas encore l'autonomie nécessaire à une véritable mobilité — au sens où l'entendent la plupart des automobilistes. De plus, il faudrait abaisser de beaucoup le coût des batteries à l'ion lithium — qui grève fortement le prix du véhicule —, ou trouver une alternative plus abordable.
Même si les batteries ont fait des progrès techniques considérables en dix ans, les performances et l'autonomie des VE restent nettement en-deçà de celles de véhicules à essence comparables.
Face au pétrole, l'électricité est une énergie de substitution à fort potentiel. Toutefois, malgré sa facilité d'approvisionnement, le pourcentage issu de sources renouvelables (énergie solaire, éolienne ou hydro-électrique par exemple) est essentiel à la réduction des émissions carbone des VE du puits à la roue.
Plus important encore, il est crucial de créer et de développer une infrastructure de recharge si l'on veut introduire rapidement et à grande échelle les véhicules électriques. à ce jour, son absence continue de freiner l'acceptation par le marché de ce type de véhicules.
C'est pourquoi Toyota Motor Corporation, Nissan Motor Company, Mitsubishi Motors Corporation, Fuji Heavy Industries et Tokyo Electric Power Company (TEPCO) ont constitué officiellement l'association CHAdeMO, dont elles sont les cinq membres exécutifs. Celle-ci se donne pour objectif de développer rapidement une infrastructure de bornes de recharge, standardisée à l'échelon mondial.
à ce jour, plus de 300 entités commerciales et instances gouvernementales — dont plus de 50 entreprises internationales — en sont déjà membres, notamment des constructeurs automobiles, des fournisseurs d'électricité, des fabricants de bornes de recharge, des prestataires de services de recharge et des groupes de soutien.
Grâce à cette palette d'expertise technique, l'association va pouvoir étudier précisément chaque aspect du développement de l'infrastructure, depuis le perfectionnement technique des bornes de recharge rapide jusqu'à la standardisation des méthodes de recharge, en passant par la diffusion internationale des connaissances nécessaires à leur installation.
Prototype de véhicule électrique Toyota
C'est au Salon de Genève 2011 qu'entrera sur la scène européenne le dernier prototype de véhicule électrique Toyota. Basé sur une Toyota iQ à moteur tout électrique, il combine l'agilité d'une mini-citadine, la pollution zéro, mais aussi la facilité de conduite et le silence d'un VE de quatre places.La traction avant est assurée par un moteur électrique synchrone de 47 kW (64 ch) à aimant permanent, alimenté par une batterie à l'ion lithium de 270 V et d'une capacité de 11 kWh installée sous les sièges. Grâce à sa forme aplatie, celle-ci n'affecte en rien l'habitabilité ni le volume du coffre.
Ce prototype de véhicule électrique accélère de 0 à 100 km/h en 14 secondes, affiche une vitesse de pointe de 125 km/h et une autonomie de 105km2. Juste à l'avant de la voiture, deux prises permettent une recharge sur secteur en 100/200 V en courant alternatif (4 heures pour une recharge complète en 200 V), ou une recharge rapide sur borne en courant continu (15 minutes environ pour une recharge à 80 %). De plus, un système permet de récupérer l'énergie cinétique à la décélération et au freinage.
Ce nouveau VE Toyota sera mis à l'essai en Europe, au Japon et aux états-Unis courant 2011.