27
Mai
2019
|
16:35
Europe/Amsterdam

L’Université de Tokyo, Toyota et TRENDE vont expérimenter un réseau électrique de nouvelle génération

Résumé
  • Les trois acteurs ont pour objectif de rationaliser la consommation électrique
  • La solution testée reposera sur l’achat et la vente en P2P d’électricité produite par des panneaux solaires, des batteries secondaires et des véhicules électrifiés

L’Université de Tokyo, Toyota Motor Corporation (Toyota) et TRENDE Inc. (TRENDE) vont tester ensemble un réseau électrique de nouvelle génération au Centre Technique Toyota de Higashifuji et dans les environs. Cette expérimentation, qui débutera le 17 juin, doit permettre à des habitations, des entreprises et des véhicules électrifiés raccordés au réseau public d’acheter et vendre de l’électricité (transactions P2P1) en passant par la blockchain2.

Avec la généralisation progressive des équipements de production électrique (panneaux solaires, batteries secondaires, véhicules électrifiés...), le réseau japonais vit une phase transitoire. Il est en train de passer du système traditionnel de couverture à grande échelle et centralisée, à un réseau morcelé où les particuliers et les entreprises possèdent leur propre source d’alimentation. L’objectif est double : d’une part, vérifier l’intérêt économique de ces prosommateurs3, qui produisent eux-mêmes l’électricité et la revendent à d’autres consommateurs par l’intermédiaire d’une bourse d’échange, à des tarifs en phase avec l’offre et la demande ; d’autre part, évaluer la faisabilité d’un réseau de distribution bidirectionnel et autonome, qui autorise les transactions directes entre prosommateurs.

Concrètement, ces essais nécessitent la création d’une bourse d’électricité accessible par les entreprises et foyers participants, ainsi que l’installation d’un système de gestion piloté par intelligence artificielle (sorte de courtier) dans chaque foyer et chaque entreprise. Ce courtier passe les ordres d’achat et de vente d’électricité sur une bourse spécifique. Les échanges se basent sur la consommation électrique et la production attendue des panneaux solaires des particuliers et professionnels. Les transactions sont régies par un algorithme qui rapproche les ordres d’achat et de vente transmis à la bourse par chaque habitation ou entreprise.

C’est la première fois au monde4 qu’une expérimentation portant sur l’achat/vente d’électricité P2P intègre des VHR (véhicules hybrides rechargeables) parmi les équipements générateurs, en sus des panneaux solaires et des batteries secondaires. Il s’agit de vérifier l’intérêt économique de ces échanges boursiers entre producteurs et consommateurs. Ces essais doivent également simuler une redevance de distribution basée sur la distance5 et valider un algorithme de prévision de la demande provenant des véhicules électrifiés, dont la consommation varie en fonction de l’autonomie électrique.

Schéma de principe

  1. Les offres d’électricité émanant des foyers, entreprises et VHR sont centralisées au niveau de la bourse d’électricité.
  2. La bourse d’électricité se charge des transactions en rapprochant les demandes d’achat et de vente dont les conditions concordent.
  3. L’électricité ainsi vendue est acheminée par le réseau de distribution, selon les termes de la transaction.

  1. Abréviation de Peer to Peer (pair à pair), mécanisme d’exécution de transactions où tous les terminaux (appelés nœuds) communiquent entre eux sur un pied d’égalité, au lieu de dépendre d’un serveur ou d’un client particulier.
  2. Ou « chaîne de blocs » en français. Ce système de « registre distribué » permet de constituer à moindres frais des bases de données dans lesquelles tous les participants du réseau partagent les informations du registre, afin de le protéger contre toute modification illicite.
  3. Néologisme formé à partir des mots producteur et consommateur (en anglais : prosumer = producer + consumer). Il désigne ici un consommateur d’électricité qui en produit aussi, grâce à un équipement générateur qui lui appartient.
  4. Au 23 mai 2019, selon une étude de TRENDE.
  5. Il s’agit d’un barème de redevance basé sur la distance d’émission/distribution d’électricité.